Quel que soit son patrimoine, on peut toujours craindre la désagréable visite de voleurs ou de vandales de tous poils.
S’il est évident de s’assurer, dans l’hypothèse de réparer les dégâts après
un vol, acheter une alarme avant que les problèmes n’arrivent semble la base de la prévention, car il vaut certainement mieux les éviter, plutôt que les réparer.
Infléchir les statistiques de la criminalité passe de plus en plus par la prise en charge de sa propre sécurité, voici donc quelques éléments pour choisir un système d’alarme adapté à vos besoins
et à votre budget.
La philosophie de base
Ni vous, ni moi, n’habitons dans un bunker, heureusement d’ailleurs. De ce fait, vos locaux doivent permettre la circulation des
clients, des collaborateurs ou simplement de votre famille, dans des conditions peu contraignantes.
Ainsi, les éléments du système d’alarme doivent rester discrets et surtout, leur gestion doit être la plus simple possible. Il convient donc de savoir quels résultats on souhaite obtenir, sachant
qu’une simple sirène ne fera jamais intervenir vos voisins, même les plus proches.
L’idéal est qu’aucun indésirable n’entre chez vous, plutôt que de s’efforcer à le faire fuir. Ensuite, il convient de déterminer ce que vous souhaitez protéger : un entrepôt isolé, votre
maison, une caravane, un appartement ou d’autres types de locaux.
Protéger chaque porte ou chaque fenêtre est une démarche assez lourde, nous allons plutôt essayer de doser ici les moyens de manière équilibrée, afin d’obtenir un rapport
investissement/efficacité satisfaisant.
Les moyens à disposition
On trouve actuellement quantité de produits dans les entreprises spécialisées, les grandes surfaces et sur internet. La plupart
sont des systèmes sans fils, faciles à installer et, en principe, à programmer. Le kit sera constitué de plusieurs éléments : détecteurs, moyens de signalisation, centrale de gestion.
On trouve, pour une quarantaine d’Euros des petites alarmes monobloc, incluant un détecteur infrarouge, le clavier programmable et
un transmetteur téléphonique permettant d’appeler via une ligne fixe vos numéros programmés. Ces systèmes minimalistes, qui fonctionnent sur piles, sont efficaces, mais d’une utilisation limitée.
En effet, s’ils protègent correctement une pièce, ils ne résisteront pas à un coup de marteau et dépendent de l’usure des piles. A l’opposé, ils sont transportables et mis en oeuvre n’importe où
en quelques minutes.
Tout en un : clavier, détecteur de mouvement, sirène, transmetteur téléphonique.
Idéal pour un usage ponctuel ou itinérant.
Les détecteurs d’effraction
On retient principalement les détecteurs de mouvements à infrarouge, les détecteurs audio soniques et les détecteurs
d’ouverture.
Ceux dit « à infrarouges » détectent le déplacement de chaleur de l’intrus. Certains modèles sont compatibles avec la
présence d’animaux de taille moyenne, mais cette propriété doit être clairement précisée par le fabricant. La portée et l’angle de couverture de ces détecteurs sont des paramètres à prendre en
compte.
Anatomie d’un détecteur de mouvement. En bleu, les interrupteurs de programmation.
Les détecteurs audio soniques sont sensibles à des fréquences spécifiques émises par le bris de vitres. Ces éléments sont
particulièrement intéressants pour une véranda ou proches de baies vitrées.
Le détecteur d’ouverture est composé, lui, de deux parties. L’une sera fixée sur le cadre de la porte ou de la fenêtre et l’autre
sur le vantail. Ce type de détecteur ne protège qu’un seul accès à la fois, contrairement aux détecteurs de mouvements qui surveillent le volume d’une pièce ou d’un couloir.
Les deux parties d’un détecteur d’ouverture.
Etablir sa stratégie
Un cambrioleur agit selon un mode opératoire qui lui est propre. Si l’un préfère briser une vitre, un autre forcera la porte. Dans
le premier cas, un détecteur audio sonique sera parfaitement adapté, mais dans le deuxième, il se montrera totalement inutile.
Je suis plutôt partisan de la surveillance des volumes, mais dans ce cas, l’intrus aura souvent déjà mis un pied chez vous. Donc, le mieux et de faire un petit mélange des différentes
possibilités, seul moyen de repérer, tôt ou tard, l’intrusion. On peut penser qu’un voleur souhaitera visiter toute l’habitation et pas seulement la pièce par où il est entré. Un détecteur de
mouvement dans un passage obligé trahira donc sa présence.
Techniquement, tous ces détecteurs fonctionnent sur batterie de durée de vie variable, mais à l’achat, exigez au moins une autonomie de 2 ans. Ils doivent tous, ainsi que le reste des éléments du
système, être auto protégés : ils déclencheront l’alarme si on tente de les arracher ou de les saboter.
Poussoir d’autoprotection : si on arrache le boîtier,
il ressort et déclenche l’alarme automatiquement.
Il existe encore d’autres types de détections, comme par exemple les détecteurs de pression ou les détecteurs avec enregistrement
vidéo. Mais on est souvent, là, dans le domaine du gadget, qui complique plus qu’il n’arrange.
La centrale
C’est le centre nerveux du système qui permet toute une série d’actions.
La mise en marche, qui pourra se faire par un clavier intégré ou indépendant, une télécommande ou un badge. Là encore, votre choix
dépendra de la fréquentation des lieux (adultes, enfants, employés).
Une télécommande est particulièrement pratique, mais en cas de vol ou de perte, l’accès sera possible par celui qui la trouvera.
Simplissime d’emploi, la télécommande peut proposer plusieurs fonctions.
Le clavier doit être simple et fiable : on évitera les caractères illisibles, les touches trop petites et les modes
d’emploi compliqués.
On doit pouvoir programmer plusieurs codes pour différents utilisateurs. Le code « maître » pour gérer toutes les fonctions du système, et des codes secondaires affectés aux
utilisations limitées, par exemple pour le voisin qui arrosera les plantes durant vos vacances. Le nombre de claviers, de télécommandes ou de badges doit être adapté à la configuration des lieux
et au niveau de responsabilité des utilisateurs.
Exemple de centrale compacte, discrète et complète : clavier, sirène, transmetteur téléphonique,
micro et bouton d’appel d’urgence.
La centrale propose aussi la surveillance technique de ses éléments et une mémoire d’
évènements qui conserve les manipulations et les déclenchements récents. Elle doit aussi permettre de définir au moins deux zones, c'est-à-dire pouvoir mettre en marche une partie ou l’ensemble
des détecteurs. L’intérêt est évident, vous dormez au 1er et vous êtes susceptible de vous rendre dans la salle de bain sans rien déclencher à l’étage, mais le rez-de-chaussée est
sous alarme.
Ensuite il y a la temporisation, qui déterminera pour chaque détecteur s’il doit se déclencher instantanément ou avec un léger
retard. Pour le moins, vous devez pouvoir ouvrir votre porte d’entrée et taper le code sur le clavier avant que le détecteur d’ouverture ne déclenche l’alarme.
L’appel à l’aide permet, par le biais des claviers, télécommandes ou d’un poussoir spécifique, de déclencher l’alarme en cas
d’agression ou de malaise.
Chaque fabricant aura ensuite ses spécificités : coque métallique anti-vandalisme, design, synthèse vocale, nombre de
détecteurs illimités voir d’autres gadgets confortables, mais gadgets qui plombent la facture.
Les moyens d’alerte
La sirène est inévitable, puisqu’elle donne l’alarme sur le site, mais elle ne fera pas forcément fuir les malfaiteurs. Sa
puissance doit être d’au moins 100 dB et sa durée de déclenchement programmable (minimum 3 minutes). Elle peut-être incorporée à la centrale ou indépendante.
Sous réserve d’interdiction locale, vous pouvez aussi installer une sirène extérieure souvent couplée à un flash. Elle augmente
les chances d’être entendue et signale les lieux aux secours.
Sirène extérieure couplée à un flash stroboscopique, sa batterie se recharge à l’énergie solaire.
Le transmetteur téléphonique existe sous différentes formes. Il peut être incorporé à la centrale et nécessite alors une
installation proche de la prise téléphonique. Il peut aussi être indépendant, utilisant la ligne fixe (si vous avez une box, assurez vous de la compatibilité) ou le réseau GSM. Ce dernier peut
alors être installé ailleurs dans la maison mais vous coûtera un abonnement supplémentaire. Votre télé transmetteur sera programmé avec les numéros de votre choix : bureau, mobile, voisin,
et il doit appeler en boucle jusqu’à obtenir la quittance d’un répondant. Sachez aussi que la loi interdit de programmer directement le numéro de la police ou des services de secours. A partir de
là, les fabricants rivalisent d’ingéniosité pour proposer des montagnes d’options : messages vocaux préenregistrés, SMS, interphonie, compatibilité avec les centrales de télésurveillance
etc.
Et après ?
Comme on vient de le voir, l’alarme a un caractère dissuasif, puis, dans un deuxième temps perturbera les intrus. Reste ensuite à
savoir que faire.
Si vous êtes à proximité, vous pouvez vous déplacer pour voir ce qui se passe, à vos risques et périls. Les forces de l’ordre ne se déplaceront jamais sur simple déclenchement d’une alarme s’il
n’y pas confirmation d’agression ou d’effraction.
Reste donc l’abonnement à une entreprise de sécurité, qui vous garantit une intervention jour et nuit . Dans ce cas, renseignez-vous soigneusement sur la réputation, la proximité et la
compétence de ces intervenants (j'insiste: ne gobez pas le baratin commercial) et ne croyez surtout pas que l’agent de sécurité arrêtera les voleurs ou qu’il interviendra en moins de 10
minutes.
Le déclenchement de l’alarme permettra toutefois de limiter les dégâts en abrégeant la visite des indésirables, ou de mobiliser les intervenants s’il y a risque d’incendie, de fugue d’animaux, de
gel ou d’inondation à cause d’une porte ouverte, d’une vitre cassée ou de vandalisme.
Pour conclure, disons que pour quelques centaines d’Euros, vous aurez le choix entre de nombreuses solutions pour vous équiper d’un système
simple et performant. A vous de préparer vos plans en vous inspirant de ces quelques conseils.